12/09/2015

Réfugiés, les Allemands ont aussi de la mémoire

Textes comparatifs:

"Le SOIR, vendredi 11 septembre, p. 5 L'ACTU.

TITRE: Hongrie Comment Budapest renforce ses mesures anti-migrants

Extrait:

L'idée, déjà oubliée, de zones de transit Le gouvernement hongrois a changé d'avis hier: les zones de transit qu'il avait imaginées à sa frontière ne seront finalement pas concrétisées. Il s'agissait de créer des zones ni hongroises ni serbes ( comme les zones de transit des aéroports ), d'une soixantaine de mètres de long, où les migrants auraient dû attendre que leur demande d'asile soit acceptée ou refusée. En cas de refus, la Hongrie songeait à renvoyer les réfugiés en Serbie. Effectivement, le ministre hongrois de la Justice, Laszlo Trocsanyi, interprète la Convention de l' ONU sur les réfugiés comme suit: " L'article 31 de la convention stipule clairement que le passage illégal d'une frontière est interdit si la personne arrive d'un pays où sa vie n'est pas en danger. En Serbie, à ma connaissance, la vie de personne n'est menacée."

Mardi, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a exprimé son inquiétude concernant les nouvelles lois hongroises en matière d'asile."

Catherine Joie.

A comparer avec:

"L'émigration de ces centaines d'écrivains allemands constitue un événement d'importance dans l'histoire de la littérature allemande du siècle. Cette émigration ne s'est pas réalisée sans heurts, sans drames, sans difficultés de toutes sortes. Nous devons à l'écrivain Hermann Kesten un tableau magistral de ce drame de l'exil; nous ne pouvons le passer sous silence, car il illustre admirablement ce qu'a été la vie de Brecht et de ses confrères en Amérique:

"Nous devions voyager et nous n'avions pas de papiers. Même la Suisse interdit aux écrivains émigrés qui habitaient en Suisse, le droit de publier, et même à ceux qui habitaient l'étranger, par exemple la France ou l'Amérique. Sans doute parce que nous aurions empêcher les écrivains suisses autochtones de gagner leur pain. Nous devions avoir de l'argent, car sinon nous étions traqués par la police, mais nous ne pouvions pas en gagner, car sinon nous étions traqués par la police. Combien de mes amis à Paris n'avaient-ils pour tout papier d'identité que le "refoulement" de la police parisienne pour les étrangers, un papier d'identité qui les obligeaient à un internement de trois mois et ensuite à passer la frontière. Et tous les trois jours ces malheureux devaient, armés de lettres de recommandation de Français en renom compatissants, courir à la préfecture de police pour supplier une prolongation de trois jours de ce "refoulement", de ce papier d'identité, et combien firent ces trois mois d'internement et furent par mesure grâce conduits de nuit au-delà de la frontière belge ou suisse; et là pour avoir franchi cette frontière illégalement, de nouveau internés pour trois semaines ou trois mois, de nouveau conduits au-delà de la frontière, de nouveau internés et ainsi de suite...

La vie des écrivains allemands en émigration ne fut pas facile. Combien mirent fin à leurs jours: Tucholsky, Walter Benjamin, Walter Hasenclever, Ernst Weiss, Stefan Zweig, Klaus Mann, Ernst Toller, Egon Friedell, Carl Einstein. Combien furent assassinés dans ces pays étrangers soi-disant protecteurs: Théodor Lessing, Théodor Wolff, Rudolf Hilferding, Georg Hermann, Berthold Jacob, Johann Rabener, Johannes Wüsten, Reinhard Joachim. Le frère de Klaus Dorn mourut sous les bombes à Londres. Rudolf Osten mourut en mer sur un bateau coulé par un sous-marin. Presque tous les écrivains émigrés passèrent au début de la guerre par les camps de concentration de France, d'Angleterre, du Canada, d'Australie, de Russie et de Suisse..."

 

Extrait de: Bertolt Brecht par René Wintzen; Editions Seghers - Poètes d'aujourd'hui, p74 - D.L.-1962 - Editeur, n° 934. - Imprimeur, n°701

 

Inutile de rappeler que ces gens fuyaient l'ascension du nazisme.

Si les horreurs du 20 ème siècle ne nous ont rien appris c'est à désespérer.

En outre affirmer que les Allemands accueillent les réfugiés pour bénéficier de main d'œuvre bon marché est au vu du texte ci-dessus, un procès d'intention.

 

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image:  http://fr.metrotime.be/2015/09/11/news/crise-des-migrants...

 

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